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Diversification alimentaire : quelle alimentation pour votre bébé ?

Posté le 2 Août, 2017 dans Articles Santé | 1 commentaire

Diversification alimentaire : quelle alimentation pour votre bébé ?

Comme tout parent, c’est une question que je me suis posé dès lors que mes enfants ont été en âge de goûter aux joies de l’alimentation. Trouver ce qui me paraissait le plus adapté a représenté un double challenge, autant personnel par la volonté de prendre soin de mes enfants à travers cette période-clé, que professionnel pour actualiser mes connaissances en fonction des dernières actualités scientifiques.

La diversification alimentaire est une période particulière pour un enfant, aux enjeux multiples : elle représente en effet une adaptation physiologique, sensorielle et psycho-affective destinée à rendre votre enfant autonome face à ses choix alimentaires et curieux de nouvelles saveurs. Apparaissent alors les premiers questionnements : à partir de quel âge introduire les aliments ? Par lesquels commencer ? Quelles précautions prendre ? Voyons tout ceci en détails.

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A quel âge introduire les aliments ?

La réponse à cette question devrait être relativement simple. Elle est pourtant au cœur de nombreux débats scientifiques, depuis de nombreux siècles. Alors qu’au XIXe siècle, avant l’ère industrielle, l’alimentation était exclusivement constituée du lait maternel jusqu’à l’âge de deux ans, le XXe siècle fut caractérisé par des évolutions importantes des recommandations se caractérisant par une introduction de plus en plus précoce des aliments : à partir de 6 mois en 1937 selon l’Association médicale américaine, jusqu’à 4 à 6 semaines selon Stewart, en commençant par des sardines et des crevettes (1). Dix ans plus tard, Sackett préconisait lui l’introduction des céréales dès le 2e jour de vie… !

Ce n’est qu’à partir des années 70 que 4 à 6 mois fut à nouveau considéré comme un âge de référence, avant d’être encore remis en question au cours des années 2000.  En effet, au regard de l’augmentation possible du risque d’allergies en cas de diversification retardée au-delà de 6 à 7 mois, Prescott fut l’un des premiers à évoquer l’existence d’une période de « fenêtre d’opportunité » (2) : pas avant 4 mois, mais pas après 6 mois.

Il n’existe toutefois à ce jour aucune étude randomisée apportant la certitude qu’initier la diversification après 6 mois puisse augmenter le risque d’apparition d’une allergie à cet aliment. De même concernant l’épineuse question du gluten, deux récentes études randomisées publiées dans le rigoureux New England Journal of Medicine ont démontré qu’introduire du gluten après l’âge de 6 mois ne semble pas augmenter pas les risques d’allergies (3). Il n’a par ailleurs pas été clairement démontré qu’éviter des aliments à fort pouvoir allergisant au cours de la grossesse puisse limiter les risques allergiques futurs de Bébé, bien au contraire (4). A l’inverse, l’effet protecteur de l’allaitement pendant la période d’introduction des aliments a été mis en évidence grâce à une méta-analyse de 6 études observationnelles (5).

En ce début d’année 2017, le comité scientifique faisant office de référence en matière de nutrition pédiatrique, l’ESPGHAN (comité de nutrition de la société européenne de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition pédiatriques) a publié de nouvelles recommandations (6), précisant que le gluten peut même être introduit jusqu’à l’âge de 12 mois sans augmentation du risque allergisant, en évitant néanmoins sa consommation en grande quantité, aussi bien au cours des premières semaines d’introduction que pendant toute la petite enfance. Quand un nourrisson présente un haut risque d’allergie à l’arachide (eczéma sévère et/ou allergie à l’œuf), le comité recommande son introduction entre 4 et 11 mois, en s’appuyant sur l’avis d’un praticien expert dans le domaine. 

Ainsi, en synthèse sur la question de la période optimale pour introduire les aliments :

  • Il n’existe aucune justification nutritionnelle à inciter la diversification avant l’âge de 6 mois. Toutefois, le lait seul ne permet plus de répondre à l’ensemble des besoins nutritionnels au-delà de cette période, notamment pour couvrir les besoins énergétiques, en Fer, vitamine D et acides gras essentiels de Bébé. C’est pourquoi initier la diversification à partir de 6 mois est, dans tous les cas, recommandé.
  • Concernant les risques allergiques, attendre au moins l’âge de 4 mois pour introduire les aliments représente un consensus scientifique solide, de même que maintenir (si possible) l’allaitement tout au long de la période de diversification. A l’inverse, il n’existe aucune justification à débuter la diversification après 6 mois, y compris en cas de risque familial d’allergie ou pour les aliments considérés comme les plus allergisants. Pour autant, le gluten peut être introduit jusqu’à l’âge de 12 mois sans risque de voir les risques d’allergie augmenter. Il demeure en effet important d’exposer le système immunitaire de Bébé à cette protéine, même en faible quantité et occasionnellement, pour éviter une réaction exacerbée par la suite. Bien entendu, il n’y a aucune nécessité à consommer régulièrement du gluten pour autant.
  • Tout au long de la période de diversification, celle-ci doit toujours être progressive et débuter par de petites quantités, en particulier pour les aliments à haut risque d’allergie : les arachides, le blé, les fruits de mer (poissons, crustacés et mollusques), les graines de sésame, le lait, les noix, les œufs, le soja, les sulfites et la moutarde notamment.

 

La diversification alimentaire en détails

Quelle que soit la nature et la vitesse de diversification, le lait doit demeurer l’aliment principal jusqu’à l’âge de 1 an, idéalement maternel.

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En l’absence d’allaitement, utiliser un lait 2e âge dès l’introduction des aliments et au plus tard à partir de 6 mois, à hauteur d’environ 750 ml/jour jusqu’à 9 mois, puis environ 600 ml jusqu’à 2 ans. Si par contre l’allaitement est maintenu, poursuivre la prise au sein avant la consommation de l’aliment, au moins jusqu’à 7 mois.

Attention à ne pas proposer trop de lait au détriment des autres aliments, au risque d’exposer votre enfant à un risque de déficit énergétique et d’anémie (le lait contenant insuffisamment de Fer pour couvrir ses besoins).

Certains signes peuvent vous guider pour vous indiquer qu’il est temps pour Bébé de découvrir les joies de l’alimentation diversifiée : il contrôle sa tête, se tient assis sur sa chaise et peut se pencher vers l’avant tout en remontant, présente de l’intérêt pour la nourriture, détourne la tête quand il n’a plus faim, s’éveille la nuit alors qu’il dormait bien auparavant, etc.

Vous pouvez commencer par remplacer l’eau du biberon (si vous n’allaitez pas) par de l’eau de cuisson des légumes (ne pas saler le bouillon) puis ajouter progressivement des légumes mixés (en ne dépassant pas 5 mesures de lait, contre 7 en cas d’utilisation de bouillon seul). Veiller à utiliser une tétine à fente plus large (dite de 2e âge).

Privilégier une cuisson à la vapeur douce, inférieure à 90°c (type Babycook), proposer des aliments de saison et d’origine biologique (car Bébé le vaut bien !), surtout concernant les fruits et légumes et si vous utilisez l’eau de cuisson (celle-ci concentre les pesticides si les aliments ne sont pas bio). Si vous avez décidé de débuter la diversification avant 6 mois, ne pas utiliser l’eau de cuisson des carottes, navets, betteraves et épinards, trop riches en nitrates.

Introduire un aliment tous les 3 à 7 jours et de préférence le midi pour vérifier sa bonne tolérance. Surveiller l’apparition de signes tels que des plaques rouges sur le corps, des vomissements, une hausse de température, des diarrhées ou des pleurs intenses.

Commencer par 2 à 3 cuillères afin de surveiller la réaction de votre enfant, sans le forcer. S’il fait la grimace ou recrache, aucune inquiétude : imaginez-vous en train de découvrir un nouveau monde culinaire… Ne pas hésiter à proposer l’aliment à plusieurs reprises pour qu’il finisse par l’accepter et surtout l’apprécier. Augmenter progressivement jusqu’à 100 à 130g selon son appétit et réduire en parallèle la quantité de lait du biberon d’environ 60 ml.

Vous pouvez progressivement l’habituer à des purées ou des compotes de plus en plus épaisses pour l’aider à développer la mastication, avant d’introduire une texture grumeleuse puis de petits morceaux. Selon le rythme de bébé et la vitesse d’apparition des dents, vous pourrez alors abandonner définitivement les purées fortement homogénéisées vers l’âge de 8 mois (maxi. 10 mois), essayer les fruits frais mous (toujours pelés et épépinés) coupés en dés. Inciter par ailleurs votre enfant à prendre les aliments avec les doigts puis à utiliser lui-même la cuillère dès qu’il le peut, ainsi que la tasse ou un verre plutôt que le biberon à partir d’un an. Quand il marche, Bébé peut généralement consommer des aliments hachés grossièrement, des morceaux à mastiquer qu’il attrape entre ses doigts.

Les légumes

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Commencer par des légumes digestes, aux fibres douces pour le système digestif : haricots verts, courgettes (sans pépin ni peau), carottes (attention à la constipation possible), panais et selon tolérance épinards, potiron ou potimarron, endives, blanc de poireaux, petits pois extra-fins, tomates etc. A l’inverse, éviter dans un premier temps (jusqu’à 9 mois environ), les légumes riches en fibres comme le salsifis, l’artichaut, le vert des poireaux, les blettes, les endives, les aubergines, les poivrons, les salsifis, le fenouil, les oignons, l’ail ou encore les choux.

La courgette est un excellent liant, au même titre que la pomme de terre.

Toujours bien cuire les légumes, sans sel et ne proposer qu’un seul légume différent par jour afin de l’habituer à repérer les saveurs.

Les fruits

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Comme pour les légumes, toujours préférer des fruits bien mûrs, pelés et épépinés, d’abord en compote puis sous forme mixée après quelques semaines, bien écrasés, sans sucres ajoutés. Là encore, attendre au moins 2 à 3 jours entre chaque nouveau fruit pour permettre à votre enfant de découvrir les saveurs et vous, de vérifier sa bonne tolérance. Dans tous les cas, proposer une compote réalisée avec un seul fruit.

N’introduire les fruits qu’une à deux semaines après les légumes car leur saveur sucrée risque de détourner Bébé des légumes. Par exemple : pomme, poire, abricot ou pêche selon la saison, banane, mangue. Attention au kiwi, à l’ananas et aux agrumes qui peuvent être moins bien appréciés compte tenu de l’acidité, bien qu’ils puissent tout à fait être proposés. S’il n’accepte toutefois pas le fruit seul, « couper » le nouveau fruit avec la pomme, douce et souvent bien appréciée, peut-être une alternative.

Vous pouvez introduire le fruit le midi après les légumes ou pourquoi pas dans l’après-midi, après la tétée ou le biberon.

Concernant les oléagineux (noix, amandes, noix de cajou, noisettes, etc.), comme nous l’avons évoqué au début, ils peuvent tout à fait être introduits même s’ils font partie des aliments à haut risque allergisant. En fonction de la situation de votre enfant, leur introduction peut être plus tardive sur recommandations de votre pédiatre. Dans tous les cas, bien veiller à les proposer au début par petites quantités (l’équivalent d’1/2 cuillère à café) pour vérifier sa tolérance et l’apparition de signes d’intolérance, de préférence sous forme de purée ou très finement écrasés pour éviter tout risque de fausse route.

Les produits céréaliers et légumineuses

Avant 6 mois, il n’existe aucune nécessité d’enrichir le lait par des céréales infantiles 1er âge, bien au contraire. En effet, la gestion de la sécrétion d’insuline est au cœur de la santé à tous âges et la consommation importante de céréales peut être à l’origine d’une augmentation des risques de surpoids ultérieur (7).

Les céréales infantiles 2e âge sont enrichis en Fer pour participer à couvrir les besoins de votre enfant à partir de 6 mois. Toutefois, si vous continuez l’allaitement ou dès lors que Bébé consomme suffisamment de lait de suite (ou 2e âge) lui-même déjà enrichi en Fer, mange des aliments riches en Fer (viande, poisson, œuf) et en vitamine C (fruits et légumes), ces préparations infantiles ne sont pas indispensables. Consommées systématiquement et en grande quantité, elles risquent au contraire de prendre la place des autres aliments et de charger inutilement l’apport calorique. Le plus simple est donc de commencer par un peu de pomme de terre ou de patate douce diluée dans la purée de légumes. Vous pouvez également ajouter 1 à 2 cuillères à café de farine 2e âge dans le biberon, dans une soupe de légumes ou pour préparer une bouillie, l’idéal étant de proposer la préparation à la cuillère afin d’habituer Bébé à bien distinguer la prise d’aliments de la consommation du lait. Préférer des céréales infantiles sans sucre ajouté (y compris sous forme de dextrose, maltose, sirop, miel, fructose, etc. : bien lire l’étiquette). Compter l’équivalent d’une cuillère à café rase par tranche de 30 ml de lait, au dîner par exemple, pour atteindre environ 30 g à l’âge de 9 mois. Ces ajouts de céréales infantiles doivent bien se réaliser en substitution des produits céréaliers traditionnels mixés et dans les mêmes quantités : vous pouvez en effet proposer à votre enfant des pommes de terre, de la patate douce, du riz, du millet, du sarrasin, du quinoa ou encore du tapioca.

Nous avons par ailleurs évoqué la question du gluten au début de l’article (ne jamais l’introduire avant 4 mois et au plus tard avant 12 mois). A titre personnel, je ne conseille pas son introduction avant 6 mois, en petites quantités, occasionnellement et uniquement pour exposer le système immunitaire de Bébé à cette protéine. Favoriser donc plutôt les céréales sans gluten pour l’alimentation quotidienne (le gluten est présent dans le blé, la plupart des formes d’avoine, le seigle et l’orge) et le petit épeautre en substitution du blé classique (froment). Attention à la texture des céréales au cours des premières semaines, ils peuvent être difficiles à mixer et faciliter le risque de fausse route. Le riz pouvant contenir de fortes quantités d’arsenic, le préférer biologique, y compris sous forme de farine infantile. Les céréales complètes, si elles sont tolérées par l’intestin de Bébé, sont également à choisir d’origine biologique compte tenu des risques de contamination par des pesticides.

Les légumineuses peuvent être proposées à partir du 7e mois en fonction de la tolérance digestive de bébé, compte tenu de la présence de fibres dites dures. Privilégier dans un premier temps les pois cassés et les lentilles corail, plus digestes et par ailleurs faciles à mixer. Attendre 9 à 10 mois pour les lentilles vertes, les pois chiches ou encore les haricots secs (commencer par les haricots azuki). Le soja sous forme de tofu peut également être proposé. Compter environ 30 à 40 grammes (2 à 3 cuillères à soupe) à partir d’un an, environ 2 fois par semaine. La France demeure frileuse sur l’apport de légumineuses chez le jeune enfant, notamment au regard des recommandations du PNNS. Le Canada a quant à lui récemment actualisé ses conseils et favorise au contraire leur introduction dès 6 mois, notamment pour optimiser les apports en Fer. Il n’existe donc aucun frein à proposer un peu de légumineuses, si ce n’est leur tolérance digestive qui doit alors être surveillée.

Sel et aromates

Pour l’instant, éviter les épices, notamment pour lui permettre de découvrir les saveurs des aliments bruts. De même, servir les aliments sans sel, non seulement parce que Bébé n’en a pas besoin au-delà des apports réalisés par l’intermédiaire du lait et d’autre part pour éduquer son palais aux vraies saveurs des aliments. Il n’y a aucun délai ni aucune nécessité d’introduire le sel, le plus tard étant le mieux.

La viande, les oeufs et le poisson

Il s’agit là d’un sujet important. Il est en effet aujourd’hui bien établi qu’un apport important et précoce de protéines dans l’alimentation de Bébé augmente fortement les risques de surpoids et d’obésité au cours des années suivantes. Toutefois, compte tenu des risques de déficit en Fer, trop retarder la consommation de protéines peut tout autant poser problème et augmenter les risques d’allergie (à titre d’exemple, introduire l’œuf après un an augmente le risque statistique d’allergie par 3,4 en comparaison d’une introduction à 6 mois). C’est pourquoi il est recommandé d’intégrer des protéines, dès 6 à 7 mois, en faible quantité.

Commencer par 8 à 10g (soit 2 cuillères à café) de viande ou de poisson mixé (être vigilant à bien supprimer les arêtes !) ou ¼ d’œuf dur frais jusqu’à 9 mois, 15 à 20 g ou 1/3 d’œuf jusqu’à 12 mois, puis progressivement 20 à 30 grammes jusqu’à 2 ans et jusqu’à 60 grammes à 3 ans. Adapter la progression en fonction de l’appétit de Bébé.

Même s’il apparaît pratique pour beaucoup de parents, éviter le jambon, bien trop riche en sel, épices et surtout en nitrites voire en nitrosamines. Il en est de même pour toutes les autres charcuteries (dont les saucisses). Bébé les découvrira bien assez tôt…

Privilégier des viandes de qualité, d’origine biologique ou dont vous connaissez la traçabilité, la volaille fermière notamment. Mieux vaut moins de viande, mais de bonne qualité.

Eviter également les poissons gras riches en métaux lourds (espadon, requin, thon rouge, brochet, lotte, saumon notamment). Les petits poissons (sardines sans arêtes, maquereaux) peuvent tout à fait être introduits une fois par semaine dès 7 à 8 mois.

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Veiller à la qualité des œufs, qui doivent toujours être « extra-frais » (cette mention est valable 7 jours sur la boite des œufs que vous achetez à partir du jour de ponte), à conserver au réfrigérateur pour Bébé et privilégier les œufs issus de la filière Bleu Blanc Cœur, riches en DHA, l’oméga 3 particulièrement bénéfique au développement neuronal et physique. Le fait de le consommer dur au cours des premiers mois de diversification permet de limiter les risques infectieux, notamment aux Salmonelles.

Bébé peut-il être végétarien ?

Bien sûr, mais cela nécessite quelques adaptations à préciser avec l’aide de votre pédiatre ou d’un professionnel de santé formé sur le sujet pour personnaliser au mieux l’alimentation de votre enfant en fonction de sa situation personnelle.

S’il est lacto-ovo-végétarien : lui proposer des légumineuses, du quinoa, du jaune d’œuf dans la purée en complément du lait, occasionnellement du tofu. A partir de 9 à 12 mois, compléter par du fromage frais (éviter le fromage sec compte tenu de la teneur en sel) ou des yaourts de chèvre ou de brebis.

Si votre enfant est végétalien (c’est-à-dire si son alimentation ne comporte que des aliments provenant du règne végétal, donc excluant les œufs et les produits laitiers) : poursuivre la prise de lait maternisé aux repas et aux collations, pour atteindre environ 750 ml par jour à un an. Utiliser de préférence des céréales infantiles, au moins à l’un des deux repas, pour compléter les apports en Fer et proposer des aliments riches en vitamine C à chaque repas (brocoli, petites baies (myrtilles par exemple), orange, poivrons rouges selon sa tolérance à partir de 9 mois, etc.).

Les matières grasses

Votre bébé a besoin de matières grasses, autant pour répondre à ses besoins énergétiques que nutritionnels, notamment en oméga 3 et en cholestérol (voir mon article sur les laits maternisés à ce sujet). Vous pouvez donc rajouter, toujours crues dans la purée : l’équivalent d’une cuillère à café par jour d’huile de colza ou de lin, ou pourquoi pas du beurre pour lui apporter du cholestérol si vous n’allaitez pas, ce dernier étant en effet bénéfique à son développement et totalement absent des laits maternisés.

Compte tenu de l’importance pour votre enfant de bénéficier d’un statut optimal en oméga 3, notamment en DHA, vous pourriez aussi rajouter 1 goutte d’huile de petits poissons ou d’algues, de qualité. De même qu’il est possible de proposer des probiotiques adaptés à son âge avant le repas, notamment en cas d’allergie ou d’eczéma (chez votre enfant ou dans la famille). Demander toutefois conseil à un professionnel de santé spécialisé en micronutrition auparavant.

Produits sucrés et jus de fruits

Au cours de la première année, les aliments doivent être proposés sans sucres ajoutés. Les jus de fruits sont déconseillés. Après un an, à l’occasion et si vous y tenez, proposer un peu de jus (100% pur jus) coupé d’eau et au verre plutôt qu’au biberon pour éviter les risques de développement de carie.

Par ailleurs, de nombreuses marques proposent des biscuits infantiles, notamment pour les collations. Ils ne présentent aucune spécificité justifiant leur recours, ils favorisentau contraire la prise d’habitude du goût sucré. Même s’ils peuvent représenter une aide occasionnelle, rien de tel que des aliments non transformés, ou pourquoi pas une préparation faite maison, mais à partir d’ingrédients dont vous maîtrisez la qualité.

Produits laitiers

Le lait de vache entier, c’est-à-dire sous la forme du produit laitier tel que nous le connaissons, ne doit pas être introduit dans l’alimentation de votre enfant avant un an. Non seulement les caséines laitières sont des protéines pouvant déclencher des réactions allergiques ou d’hypersensibilité, mais la consommation importante de lait de vache ne couvre par ailleurs pas les besoins spécifiques en Fer, tout en augmentant fortement les apports en protéines dont nous connaissons les implications dans les risques d’obésité future. Ainsi, les produits laitiers tolérés ne pourront remplacer le lait maternisé dans l’alimentation qu’une fois que l’alimentation quotidienne couvrira les besoins de l’enfant en Fer notamment (céréales, viande, œuf, poisson, légumineuses). Le moment venu, je vous conseille alors de privilégier les produits laitiers issus de petits animaux (chèvre ou brebis), surtout si votre enfant a déjà présenté des signes d’allergie ou d’eczéma. Ces produits laitiers pourront compléter l’alimentation sous forme de fromage frais, faisselle, yaourt traditionnel sans sucre ajouté, yaourt végétal.

Fer et vitamine D

Le Fer est un minéral dont les apports sont à surveiller compte tenu des risques d’anémie. L’introduction progressive de protéines animales, d’œuf et de légumineuses contribuent alors à couvrir ses besoins. Plus les fruits et légumes seront frais et peu cuits, plus ils contiendront de la vitamine C favorisant par ailleurs la bonne assimilation du Fer issu des aliments végétaux (céréales, légumineuses) et des œufs. Par ailleurs, les céréales pour nourrisson sont enrichies en Fer.

De même, compte tenu de l’implication de la vitamine D dans le métabolisme du Calcium, la poursuite de la complémentation de 400 UI/jour au moins jusqu’à l’âge de 1 an est conseillée, voire davantage en cas d’augmentation du risque de déficits sur recommandation d’un professionnel de santé (enfant prématuré, allergique aux produits laitiers ou végétarien, région peu ensoleillée).

L’eau

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Vous pouvez commencer à lui donner de l’eau lors des collations dès 6 mois, en privilégiant toujours l’eau de source faiblement minéralisée. Commencer par lui proposer le biberon pour passer progressivement au verre.

Faim et satiété

Il est essentiel qu’en tant que parent, nous répondions aux besoins de l’enfant en fonction de sa faim et de sa satiété, sans le forcer et en diversifiant au maximum les aliments, tout en veillant à éviter de présenter la nourriture comme une récompense ou un réconfort.

Horaires

L’arrivée des aliments dans la vie de votre enfant peut bouleverser son rythme de prises de biberons (ou du sein), les rendant souvent plus régulières. L’objectif est de l’habituer progressivement à manger aux mêmes heures que la famille pour les principaux repas et les collations en dehors. Rien n’est figé, l’écoute du rythme de Bébé est essentielle bien entendu.

Exemple d’une journée

Matin : À partir de 6 mois, vous pouvez commencer par lui donner un premier repas vers 7h par exemple, avec un peu de céréales et une petite compote de fruits, complétés éventuellement par un peu de lait à la fin du repas si Bébé a déjà pris un biberon ou le sein plus tôt en fin de nuit. Si c’est sa première prise alimentaire, proposer un biberon plus conséquent de 240 ml avec 1 cuillère à soupe de céréales infantiles.

Matinée : lait ou quelques cuillères de compote selon son appétit.

Déjeuner : une purée de légumes avec des produits céréaliers (ou pomme de terre), de la viande, des œufs ou du poisson (environ 200 g du mélange légumes et protéines animales, en n’intégrant ces dernières qu’environ 1 mois après le début de la diversification alimentaire), une petite compote en dessert (90-120g). Lait selon appétit en fin de repas. Si vous avez débuté la diversification précocement, ne pas proposer de protéines animales avant 6 mois.

Collation : peu de lait (environ 150 ml) et/ou quelques cuillères de compote.

Dîner : soit une dose de lait importante (240 ml) avec des céréales et selon son appétit, une compote de fruits (100 à 120g). Idéalement, préférer une purée de légumes et de produits céréaliers ou de pomme de terre, réduire la quantité de lait (100 à 120 ml) à prendre alors en fin de repas. Ne pas intégrer de protéines animales dans la purée du soir.

En conclusion et si tout se passe bien, Bébé doit pouvoir profiter de tous les aliments à partir de l’âge d’un an. Vous pouvez alors faire preuve de créativité pour lui faire découvrir l’éventail de saveurs, en rajoutant par exemple des épices, des aromates et de nouvelles associations d’aliments. Hormis les protéines dont l’apport doit être maîtrisé, l’écoute de la faim et de la satiété de Bébé à travers des repas principaux structurés et variés, en complément du lait maternel ou de suite permettront d’évoluer sereinement au rythme de ses besoins.

Anthony Berthou

Sources :

(1) Von Berg A, Filipiak-Pittroff B, Krämer U, et al. Allergies in high risk schoolchildren after early intervention with cow’s milk protein hydrolysates: 10-year results from the German infant nutritional intervention (GINI) study. J Allergy Clin Immunol 2013;131:1565–73.                  

(2) Prescott SL, Smith P, Tang M, et al. The importance of early complementary feeding in the development of oral tolerance: concerns and controversies. Pediatr Allergy Immunol 2008;19:375–80 .                                                                                                                                                                                                 

(3) Lionetti E, Castellaneta S, Francavilla R, et al. Introduction of gluten, HLA status, and the risk of celiac disease in children. N Engl J Med 2014;371:1295–303.Vriezinga SL, Auricchio R, Bravi E, et al. Randomized feeding intervention in infants at high risk for celiac disease. N Engl J Med 2014;371:1304–15.          

(4) Bunyavanich S, Rifas-Shiman SL, Platt-Mills TA, et al. Peanut, milk, and wheat intake during pregnancy is associated with reduced allergy and asthma in children. J Allergy Clin Immunol 2014;133:1373–82 .          

(5) Akobeng AK, Ramanan AV, Buchan I, et al. Effect of Breastfeeding on risk of coeliac disease: a systematic review and metaanalysis of observational studies. Arch Dis Child 2006;91:39–43.      

(6) Fewtrell M, Bronsky J, Campoy C et al. Complementary Feeding: A Position Paper by the European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition (ESPGHAN) Committee on Nutrition. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2017;64(1):119-32.     

(7) Gerd Almquist-Tangen, J. Dahlgren, J. Roswall, S. Bergman, B. Alm, Milk cereal drink increases BMI risk at 12 and 18 months, but formula does not, Foundation Acta Pædiatrica, John Wiley & Sons Ltd 2013 102, pp. 1174–1179

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1 Commentaire

  1. Je vous rejoins dans l’approche globale et le détail des informations communiquées.
    J’espère -et je pense- que cela va faire réfléchir pas mal de parents et futurs parents.
    Merci pour cet article intéressant et structuré, documenté bien évidemment.

    Et on répète en coeur… : l’allaitement est naturel et vital… dans un pays où il est mal vu. L’un des seul pays au monde d’ailleurs.

    Bonne réflexion à ceux qui hésitent dans ce monde où grouille le pour et son contraire.

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