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L’athlète féminine : Cycle menstruel et Syndrome RED-S

Posté le 26 Mai, 2021 dans Les conseils sur la nutrition, la micronutrition et le sport, Non classé, Santé, Sport | 0 commentaires

L’athlète féminine : Cycle menstruel et Syndrome RED-S

La physiologie féminine n’a pas connu le même engouement scientifique que pour celle masculine. Les femmes ont été confrontées à l’exclusion tout au long de l’histoire en raison d’une marginalisation socioculturelle. Une réforme émerge peu à peu mais laisse encore à la traine les observations scientifiques à leur propos. Les femmes ne sont pas plus mises en avant dans lessciences du sport, si bien qu’à l’heure actuelle, bon nombre de conclusions sont faites à partir d’observations faites sur leurs homologues masculins.

La compréhension de l’impact du cycle menstruel sur la haute performance n’est pas encore bien comprise et peut expliquer pourquoi il est toujours perçu comme un obstacle à l’entraînement et à la performance, tout en influençant le risque de blessure et le bien-être. Or, par une meilleure compréhension de celui-ci, la périodicité de ce cycle pourrait devenir une fort levier de progression et de performance pour les athlètes féminines.

Le syndrome RED-S (Relative Ennery Deficiency in Sport, vu ci-après) peut toucher hommes et femmes, quel que soit le niveau de pratique. Ce syndrome, qui définit de manière plus large les répercussions métaboliques de la Triade de l’Athlète féminine touche une plus grande proportion de femmes. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cette prédisposition féminine : gabarit plus petit, moindre appétit, rapport au corps et impacts sur le comportement alimentaire, charge d’entrainement non adaptée…

Le développement du sport féminin (accessibilité, structuration de l’accompagnement, salaires…) élève le niveau de performances des femmes au fur et à mesure des années (même si l’engouement populaire et financier n’est hélas pas encore égal avec le sport masculin). Les sports d’endurance et notamment d’ultra endurance, montrent cependant, que les différences de performances hommes/femmes sont de plus en plus minces et cela laisse entrevoir des performances d’athlètes féminines, surpassant celles masculines. De quoi déboulonner quelques soucis d’égo…

 

 Le saviez-vous ? 

Les études visant la population sportive ne comptent que 35% de participantes. Si bien que beaucoup de conclusions de recherches faisant participer des hommes sont extrapolées pour la population féminine. Or, homme et femme, sont bien différents. De plus, chaque individu, y compris du même sexe, peut très bien réagir de manière différente selon de nombreux facteurs (génétique, hormonal, physique, émotionnel…). Les connaissances scientifiques autour de l’athlète féminine sont donc minces, ce qui ne permet pas d’individualiser de manière optimale l’accompagnement des sportives à l’heure actuelle.

 

Homme, Femme, quelles différences ?

La périodicité et la pulsatilité hormonales, tout au long du cycle menstruel chez la femme soulèvent tout d’abord la question d’une inconstance possible des réponses physiologiques et psychiques durant cette période. D’autre part, des croyances persistent, comme celle qui a été de dire qu’en période de règle (ou période pré menstruelle), une femme ne peut être performante à cause des désagréments potentiellement occasionnés (douleurs mammaires, intestinales, fatigue, rétention d’eau, irritabilité…) mais chaque femme pourra réagir et accepter ces perturbations de manière différente.

Bien sûr, ces situations ne concernent pas les femmes en aménorrhée ou ménopausées, cette première situation banalisée chez la sportive n’est absolument pas physiologique, au contraire, et elle pourrait avoir des répercussions sur la santé de la femme. Les mentalités doivent donc continuer d’évoluer, tant chez les sportives que pour leur entourage (staff, famille…) et le regard sur les menstruations doit évoluer.

Ces différences hommes/femmes sont avant tout dues à des différences hormonales. Chez l’homme, il n’existe pas ce type de manifestations périodiques.

 

Le cycle féminin

    a. Qu’est-ce que le cycle menstruel ?

 Le cycle menstruel peut être divisé en 3 phases : la phase folliculaire, la phase ovulatoire et la phase lutéale. Un cycle dure en moyenne 28 jours et le jour J0 signe le début des règles.

  • La phase folliculaire est caractérisée par le développement initial et la maturation des follicules ovariens. L’hormone folliculo-stimulante (FSH) et l’hormone lutéinisante (LH) sont libérées de l’hypophyse antérieure sous la stimulation de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH) sécrétée par l’hypothalamus. Le développement initial des follicules ovariens dépend d’une sécrétion adéquate de FSH, la croissance ultérieure des follicules ovariens dépendante de la sécrétion de LH. La FSH et la LH stimulent les follicules ovariens pour produire des œstrogènes. Au fur et à mesure que les follicules ovariens grandissent et mûrissent, ils sécrètent une quantité accrue d’œstrogènes.
  • Dans la phase ovulatoire, l’augmentation des œstrogènes entraine un pic de LH responsable de la rupture des follicules ovariens et la libération de l’ovule immature.
  • Cela marque le début de la phase lutéale. Lors de la libération de l’ovule, le follicule vide ou « corps jaune » continue de sécréter des œstrogènes ainsi que de la progestérone. L’augmentation des taux d’œstrogènes et de progestérone inhibe la libération de GnRH et entraîne une diminution de la sécrétion de LH. Des niveaux réduits de LH entraînent la dégénérescence du corps jaune et l’apparition de saignements menstruels (quand il n’y a pas de fécondation) ainsi qu’une diminution des taux plasmatiques d’œstrogènes et de progestérone. En raison du mécanisme de rétroaction négative de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien, une diminution des taux sanguins d’œstrogène et de progestérone stimule la libération de GnRH par l’hypothalamus, déclenchant un autre cycle menstruel.

 

Ces hormones ont des particularités et des affinités avec les différents métabolismes énergétiques, si bien qu’ils pourraient impacter les performances et la récupération.

 

Figure1

 Figure 1.  Extrait de Meignie & Al, 2021

 

    b. Œstrogènes et Progestérone aux commandes de la physiologie féminine ?

Les réponses biphasiques des œstrogènes et de la progestérone tout au long du cycle menstruel influencent considérablement les réponses physiologiques, qui contribuent à la capacité d’exercice et à l’adaptation chez les femmes. En outre, les contraceptifs oraux ajoutent de la complexité grâce à l’introduction de concentrations variables d’œstrogène et de progestérone exogènes circulants, qui peuvent modérer les adaptations physiologiques à l’exercice d’une manière différente des hormones ovariennes endogènes.

 

Les Ostéogènes

Les œstrogènes affectent la composition corporelle en augmentant la masse grasse  2 et favorisent la rétention d’eau  3. Ils augmentent aussi la capacité de stockage du glycogène musculaire tout en augmentant la disponibilité des acides gras libres et l’utilisation de voies oxydatives pour utiliser les acides gras comme source de carburant  4,5. En fin de compte, cela conduit à une économie de glycogène, donc à un délai d’épuisement plus long 6,77. Des niveaux élevés d’œstrogènes s’associent également à une gluconéogenèse améliorée et à une meilleure absorption du glucose dans les muscles de type I, les plus « endurants » 8.

La phase folliculaire semblerait donc plus propice à un fort volume d’entrainement ainsi qu’à des séances intenses et en résistance pour solliciter davantage la masse musculaire. L’athlète féminine pourrait être plus entrainable dans cette première phase.

 

La Progestérone

Au-delà de ces effets physiologiques de la progestérone, ce qu’il est crucial de comprendre sur la progestérone est sa capacité à antagoniser les effets œstrogéniques  8,9. Par exemple, le métabolisme des glucides amélioré par les œstrogènes peut être inhibé par des taux élevés de progestérone  10. L’orientation du métabolisme vers la filière lipidique semblerait aussi plus importante en phase lutéale, elle-même associée à une élévation du métabolisme de base 11.

De plus, la progestérone favorise le catabolisme des protéines, qui, à son tour, réduit le stimulus anabolique et la synthèse des protéines musculaires  12.

Au cours de la phase lutéale, pour assimiler le travail effectué lors de la première phase, la réduction du volume d’entrainement et des hautes intensités pourrait être bénéfique. A l’inverse, l’optimisation de la filière lipidique avec des exercices sous maximaux, sollicitant peu la masse musculaire semble intéressante et permettrait aussi de prévenir blessures et les symptômes pré menstruels qui peuvent se profiler.

Sensibilité à la chaleur

Les œstrogènes semblent diminuer la température corporelle en augmentant les réponses sudomotrices, vasomotrices et la thermorégulation. La progestérone, elle, pourrait agir pour augmenter la température centrale  13-15. Par conséquent, il est probable que les altérations thermorégulatrices de la phase lutéale soient principalement attribuables à l’effet de la progestérone. Cette augmentation de la température corporelle basale augmenterait la sensation subjective d’effort et de chaleur, diminuant les performances sportives, en particulier dans les environnements chauds et / ou humides  16.

Au cours de la phase lutéale, en conditions chaudes/humides, la sensibilité à la chaleur sera plus importante, des stratégies d’hydratation, de refroidissement, voire d’acclimatation pourront être des pistes de travail à investiguer selon les sensibilités individuelles.

 

    c. Effets des contraceptifs hormonaux

Les contraceptifs hormonaux sont des hormones stéroïdes exogènes qui suppriment la sécrétion de gonadotrophines par une inhibition de leur sécrétion. Plus précisément, le mécanisme d’action des contraceptifs hormonaux comprend l’inhibition de l’ovulation, l’épaississement de la glaire cervicale, ce qui entrave le transport du sperme et affectant le développement de l’endomètre. Il existe plusieurs types de contraceptifs hormonaux :

  • Le contraceptif combiné contient à la fois un œstrogène et un progestatif
  • Le contraceptif progestatif seul, contenant un dérivé de la progestérone

Les contraceptifs hormonaux suppriment les taux normaux d'œstrogènes et de progestérone du cycle menstruel en inhibant la libération hypothalamique de l’hormone de libération des gonadotrophines, qui, à son tour, empêche la sécrétion de FSH et de LH. Les contraceptifs hormonaux assurent un contrôle pharmacologique du cycle de reproduction en favorisant systématiquement la boucle de rétroaction négative qui inhibe le fonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique de sorte qu’aucun œstrogène ou progestérone endogène ne
soit libéré par les ovaires. Au lieu de cela, le niveau circulant des deux hormones est fixé par les concentrations fournies dans le contraceptif. Notamment, bien que les composants stéroïdes des contraceptifs soient conçus pour imiter les effets des œstrogènes et de la progestérone endogène dans le corps, les hormones des contraceptifs sont synthétiques, et leurs actions diffèrent de ceux
endogènes 4 :

  • Les hormones pénètrent dans la circulation hépatique via le tractus gastro-intestinal et la veine porte. Elles peuvent interférer avec d’autres composés (dits xénobiotiques) transitant par la circulation hépatique (caféine, éthanol, autres médicaments…). Leur structure moléculaire est plus résistante et la durée d’action de ces hormones (et des xénobiotiques) est plus longue que les hormones endogènes

Les contraceptifs oraux sont pris une fois par jour et entrent dans le système en une seule dose importante et n’est pas soumis au mécanisme de contrôle de rétroaction négative de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique, ce qui ne permet pas des niveaux fluctuants et donc adaptée selon les réponses de l’organisme.

 

Le Syndrome RED-S

    a. Aménorrhée hypothalamique et performance, une idée à déconstruire !

Une croyance populaire dans le monde du sport dit qu’une femme, en période de règle est moins performante. De ce fait, lorsqu’une athlète est en aménorrhée, cela est bien souvent vu comme une aubaine pour le staff mais également pour l’athlète elle-même. Or, cette situation n’est absolument pas physiologique. En effet, c’est avant tout un mécanisme de protection qui fait que lorsque l’attention est tournée vers la performance à tout prix, la femme n’est plus à même de procréer, l’organisme met la priorité vers les besoins vitaux pour faire vivre la mère et non l’éventuel bébé.

Le déséquilibre hormonal peut être engendré par plusieurs facteurs :

  • Charge d’entraînement très élevée (sports d’endurance…)
  • Déficit d’apports alimentaires (période prolongée de jeune ou variations de poids importantes et répétées, régimes restrictifs, contrôle du poids, manque d’apport énergétique à l’effort…)
  • Faible poids et surtout faible pourcentage de masse grasse (< 17% de masse grasse en moyenne) qui provoque une baisse des niveaux de leptine circulante qui impacte directement le cycle de l’hormone lutéinisante perturbant l’ovulation
  • Désir obsessionnel de minceur exacerbé par le rapport au corps souvent compliqué par les diktats de l’amaigrissologie (image de la femme, réseaux sociaux…) 17
  • Anémie
  • Troubles dépressifs, alimentation désordonnée et troubles du comportement alimentaire
  • Hypothyroïdie sévère et maladies chroniques

Une perturbation du cycle se définit comme :

  • Une absence de règles
  • Une irrégularité de l’abondance des règles
  • Des saignements irréguliers : hémorragie, coagulation et troubles plaquettaires, dysfonctionnement thyroïdien, hyperprolactinémie et syndrome des ovaires polykystiques associés avec cycles anovulatoires, fibromyomes et adénomyose, ou saignement utérin dysfonctionnel

Bien sûr, il est toujours important d’exclure la grossesse comme cause d’aménorrhée.

 

    b. Faible disponibilité énergétique et pratique sportive

En 2014, le Comité international olympique (CIO) a publié une déclaration de consensus  18) intitulée « Au-delà de la triade des athlètes féminines : le déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S) ». Le syndrome RED-S se réfère à : « une altération du fonctionnement physiologique causée par un déficit énergétique relatif, et comprend, sans toutefois s’y limiter, les altérations de l’efficacité métabolique, de la fonction menstruelle, de la santé des os, de l’immunité, de la synthèse protéique et de la santé cardiovasculaire ». Le facteur étiologique de ce syndrome est la faible disponibilité énergétique.

La faible disponibilité énergétique est-elle même amenée par :

  • Une trop forte charge d’entraînement
  • Un déficit d’apport énergétique volontaire ou non
  • Ou les 2

 

Les femmes sont fréquemment touchées par ce syndrome mais les hommes peuvent l’être aussi. En moyenne, l’estomac féminin est ~ 10% plus petit que l’estomac masculin 19) et peut donc être moins capable d’accommodation gastrique après avoir consommé un volume alimentaire donné 20. En conséquence, les femmes sont susceptibles de présenter une plus grande plénitude postprandiale et des inconforts après un repas, induisant des apports énergétiques plus faibles  21. Les temps de transit intestinaux et coliques sont plus longs chez les femmes que chez les hommes  22,23, et les femmes présentent des vidanges gastriques ralenties 24 tant pour les aliments solides que pour les liquides 25. Ces différences anatomiques et physiologiques peuvent avoir des implications importantes pour les femmes nécessitant un apport énergétique important lié à leur pratique intensive et pour le ravitaillement pendant l’exercice, surtout s’il se prolonge.  26

Les répercussions peuvent êtres multiples mais en voici quelques exemples :

Le déficit énergétique dans le sport EN COURS

Figure 2.

 

La cacophonie régnant autour des régimes minceurs fait qu’il est actuellement difficile de savoir si des réductions plus longues mais moins sévères de l’apport énergétique suscitent les mêmes réponses que les interventions plus agressives sur le court terme. Une telle réflexion fait émerger le concept de « charge » de faible disponibilité énergétique, c’est-à-dire, la durée dans laquelle l’athlète est exposée à un déficit énergétique avant de subir un degré significatif de perturbations endocrinienne et métabolique. Comme pour un facteur de stress physiologique lié à l’exercice, une périodisation correcte de la disponibilité énergétique permettrait d’optimiser la perte de poids (si c’est un objectif !) et la composition corporelle tout en maintenant un état de santé (physique et psychologique) et un niveau de performance optimal 27-28.

 

    c. Prise en charge et prévention de l’aménorrhée et du syndrome RED-S  29

Quand la cause du dysfonctionnement menstruel est une faible disponibilité d’énergie due à un exercice excessif et/ou à l’apport calorique déficitaire, la première ligne de prise en charge est non pharmacologique et vise à augmenter les calories consommées et / ou à réduire le niveau d’activité physique. Par la suite, le remplacement des hormones gonadiques peut être considéré.

 

Voici quelques pistes de travail :

  • Augmentation progressive de l’apport calorique. Nécessite une approche pédagogique, notamment en cas de rapport difficile au corps, car une possible prise de poids est possible. La restriction cognitive ou le manque d’appétit pourra imposer d’enrichir l’alimentation de manière détournée (huiles, oléagineux, boissons de l’effort, compléments protéinés…) pour ne pas augmenter de manière démesurée la taille des portions et ne pas brusquer l’athlète
  • Réduction des fenêtres de jeune (jeune, jeune intermittent, absence de petit déjeuner) avec au besoin, ajout de collations adaptées à proximité de l’effort
  • Réduction des efforts dans une situation de faible disponibilité d’énergie (entrainement à jeun, sleep low, train low, consommation d’eau uniquement à l’effort)
  • La consommation d’aliments riches en fibres et rassasiants pourra être réduite pour favoriser la consommation prioritaire d’aliments plus utiles dans un rôle énergétique. La constipation est souvent rencontrée dans les cas avancés de déficit énergétique. La consommation de fibres ne sera bien sur donc pas à supprimer mais une action plus générale sur l’écosystème intestinal sera à mener
  • Etat de malabsorption amené par des perturbations digestives et/ou inflammatoires
  • Statut en Vitamine D et oméga 3
  • Equilibre acido basique et alimentation pauvre en anti nutriments (phytates…) pour la bonne fixation du calcium (et du magnésium) dans la trame osseuse
  • Augmentation très progressive du stress mécanique (marche, musculation, corde à sauter…) sur le squelette, notamment pour les sports portés comme le vélo, la natation, le cheval…
  • Adaptation de la charge d’entrainement

 

Ce syndrome touche de manière préférentielle la femme, voici quelques signes évocateurs à repérer :

  • Dysfonctionnement menstruel (moins de 6 cycles en 1 an, cycle irrégulier, pertes importantes…)
  • Fractures de stress ou blessures à répétition  30
  • Perte de poids > 10% du poids en 1 mois
  • Faible pourcentage de masse grasse (on considère qu’il est nécessaire d’avoir 17%, voire 22% de masse grasse pour maximiser les réponses métaboliques et hormonales)
  • Altération du comportement alimentaire : restriction cognitive (“je refuse de manger cet aliment car je connais son potentiel effet négatif sur ma santé – mon poids – mes performances, même si j’en ai envie et qu’il me ferait plaisir”), orthorexie (modèle alimentaire caractérisée par la volonté obsessionnelle de se nourrir de manière saine) et autres troubles du comportement alimentaire
  • Résistance à l’amaigrissement, difficultés à prendre de la masse musculaire ou à récupérer musculairement, altérations des phanères (cheveux, peau, ongles), baisses des performances physiques ou cognitives, irritabilité, anxiété, nervosité, perturbation du sommeil, anémie, troubles digestifs, frilosité, infections (ORL notamment) à répétitions…

 

De nombreuses femmes (et hommes) s’efforcent d’atteindre le « corps idéal », un corps extrêmement maigre, principalement en augmentant l’activité physique et en diminuant l’apport calorique. Les effets combinés de l’exercice intense et de la restriction calorique ont tendance à augmenter le déséquilibre de la balance énergétique et à entraver la fonction menstruelle, entraînant une diminution des niveaux d’œstrogènes basaux  50. Si les œstrogènes améliorent le métabolisme des graisses, une augmentation de la dépense énergétique et une diminution de l’apport énergétique pourrait entraver ce métabolisme lipidique. Cela conduit à un besoin de se dépenser d’avantage, ainsi qu’une plus grande restriction calorique pour réguler sa composition corporelle comme bon nous semble. Ce qui donnerait lieu finalement à une nouvelle baisse des niveaux d’œstrogènes, perpétuant un cercle vicieux. Les effets négatifs sur la santé d’un faible taux d’œstrogènes sont bien documentés et comprennent l’ostéoporose, l’ostéopénie et d’autres problèmes squelettiques, ainsi qu’un risque accru de cancer de l’endomètre et du sein pour ne citer que ces quelques pathologies.

Alors que les œstrogènes peuvent avoir un effet sur le métabolisme du substrat, l’état nutritionnel est probablement le principal levier d’action. Autrement dit, la disponibilité énergétique et l’individualisation de la charge d’entrainement sont primordiaux dans la santé métabolique et des performances de l’athlète féminine.

 

Homme et femme, que le(a) plus résistant(e) gagne !

Alors que l’écart de performance homme-femme dans le sport d’endurance traditionnel (par exemple, le marathon) reste à ~ 10%, la disparité dans la compétition d’ultra-endurance a été rapportée aussi bas que 4% malgré le nombre nettement plus faible de participantes. De plus, les femmes surpassent généralement les hommes en natation longue distance.

La littérature indique des avantages pour la compétition d’ultra-endurance chez les femmes par rapports aux hommes (par exemple, une plus grande résistance à la fatigue, une plus grande efficacité énergétique et une économie du substrat énergétique favorable à la performance d’endurance).

Le succès des femmes sur des événements d’ultra endurance est déterminé par une interaction complexe entre divers facteurs, notamment : la capacité oxydative, le coût énergétique de la locomotion, l’efficacité du substrat, la résistance à la fatigue, la résilience face à la difficulté et le conditionnement musculo-squelettique, la fonction gastro-intestinale, les stratégies de gestion de l’effort, la gestion de la douleur, prise de décision, motivation et disposition psychologique 31-37. De plus, les exercices d’endurance extrêmes provoquent des perturbations considérables des fonctions respiratoires, neuromusculaires, cardiovasculaires, digestives et immunitaires  38. En conséquence, les concurrent(e)s les plus performants sont ceux qui présentent non seulement la gamme la plus diversifiée d’attributs ergogéniques (qui favorise les performances), mais qui aussi supportent le mieux les volumes d’entraînement élevés et l’exigence physiologique extrême de l’épreuve.

Les glucides et les graisses fournissent la majorité de l’énergie pour alimenter le métabolisme musculaire pendant un exercice prolongé et sous-maximal. L’exercice d’ultra-endurance dépend fortement du métabolisme oxydatif pour une utilisation efficace du glucose et des lipides, et il y a une augmentation substantielle de l’utilisation des acides gras libres avec l’augmentation de la distance de course  39. Les graisses sont également plus denses en énergie que les glucides (contenant 9 contre 4 kcal/g), et l’amélioration de l’efficacité du substrat pour une meilleure utilisation des lipides exerce un effet d’épargne du glycogène pour prévenir la fatigue précoce  40. Ainsi, la capacité à mieux mobiliser et oxyder les lipides lors d’un exercice d’ultra-endurance serait considérée comme avantageuse et devrait être au centre du programme d’entraînement d’ultra-endurance périodisé.

Les femmes présentent une plus grande expression de l’ARNm des gènes associés au métabolisme des acides gras  41,42. Elles sont généralement connues pour présenter de plus grandes réserves de lipides intramyocellulaires médiées par les œstrogènes pour soutenir la demande de carburant pour l’exercice d’endurance  43. Ces génotypes peuvent être principalement responsables des différences fondées sur le sexe dans les taux d’oxydation des lipides.

Des études montrent que les femmes ont un métabolisme orienté vers l’utilisation des lipides à l’effort (d’endurance) et au repos  44-47) même en tenant compte des différences de régime alimentaire, du statut d’entraînement et du statut hormonal liés à la phase du cycle.

Les femmes peuvent également présenter une plus grande flexibilité métabolique  48. Ces différences collectives peuvent conférer un avantage aux femmes lors d’un exercice d’une durée extrême.

 

Que faire à présent ?

Des travaux très récents d’une équipe française met en évidence deux problématiques. Premièrement, il y a généralement un manque de connaissances concernant la relation entre les phases du cycle menstruel et la performance chez les athlètes d’élite. Peu d’études ont examiné ce lien et plusieurs problèmes méthodologiques ont été identifiés à travers celles-ci.

Deuxièmement, les résultats de performance semblent rester stables tout au long du cycle menstruel et il n’est pas clair s’il existe une phase optimale pour la performance. Certaines capacités physiques ou cognitives pourraient s’avérer meilleures pendant la phase lutéale qu’en phase folliculaire (Performance d’endurance) ou pendant l’ovulation (Explosivité, Entrainabilité). D’autres ne semblaient pas être influencés par le cycle menstruel (la puissance des membres inférieurs, le sprint, la prise de décision et les réflexes). 51

La physiologie de l’athlète féminine dans les sciences du sport est encore méconnue et de nombreuses hypothèses commencent à émerger. Cependant la notion d’individualité pourrait venir contredire une partie de ces lignes directrices. Des grands profils féminins pourraient donc exister et l’écoute et la connaissance de son corps, pour l’athlète, et la connaissance de « son » athlète pour le staff sont important pour construire le meilleur accompagnement possible vers la (haute) performance mais aussi et surtout, vers le bien-être de la femme.

 

Valentin Lacroix

Diététicien Nutritionniste

J’ai intégré l’équipe de la Nutrition Positive aux cotés d’Anthony Berthou notamment pour explorer de nouveaux horizons nutritionnels. Nutritionniste à l’Institut National du Sport (INSEP), j’accompagne divers collectifs olympiques et sportif(ve)s professionnel(le)s (cyclisme sur route, piste, BMX, lutte, boxe, pentathlon, escrime, 3000 m steeple, ski alpin, ski de fond, ski alpinisme). D’autre part, j’ai intégré le projet de recherche EMPOW’HER qui vise à explorer les spécificités de l’athlète féminine.

 

Sources :

(1) McNulty KL, Elliott-Sale KJ, Dolan E, Swinton PA, Ansdell P, Goodall S, et al. The effects of menstrual cycle phase on exercise performance in eumenorrheic women: a systematic review and meta-analysis. Sports Med. 2020;50(10):1813–27.

(2) Ziomkiewicz, Anna & Ellison, P.T. & Lipson, S.F. & Thune, Inger & Jasienska, Grazyna. (2008). Body fat, energy balance and estradiol levels: A study based on hormonal profiles from complete menstrual cycles. Human reproduction (Oxford, England). 23. 2555-63. 10.1093/humrep/den213.

(3) Stachenfeld NS, Splenser AE, Calzone WL, Taylor MP, Keefe DL. Sex differences in osmotic regulation of AVP and renal sodium handling. J Appl Physiol (1985). 2001 Oct;91(4):1893-901. doi: 10.1152/jappl.2001.91.4.1893. PMID: 11568177.

(4) Sims ST, Heather AK. Myths and Methodologies: Reducing scientific design ambiguity in studies comparing sexes and/or menstrual cycle phases. Exp Physiol. 2018 Oct;103(10):1309-1317. doi: 10.1113/EP086797. Epub 2018 Aug 15. PMID: 30051938.

(5) Hackney AC. Effects of the menstrual cycle on resting muscle glycogen content. Horm Metab Res. 1990 Dec;22(12):647. doi: 10.1055/s-2007-1004994. PMID: 2076863.

(6) Oosthuyse, T., & Bosch, A. N.(2010). The effect of the menstrual cycle on exercise metabolism: Implications for exercise performance in eumenorrhoeic women. Sports Medicine40, 207–227. https://doi.org/10.2165/11317090-000000000-00000

(7) Oosthuyse, T., & Bosch, A. N.(2012). Oestrogen’s regulation of fat metabolism during exercise and gender specific effects. Current Opinion in Pharmacology12, 363–371. https://doi.org/10.1016/j.coph.2012.02.008

(8) Campbell, S. E., & Febbraio, M. A.(2002). Effect of the ovarian hormones on GLUT4 expression and contraction-stimulated glucose uptake. American Journal of Physiology. Endocrinology and Metabolism, 282, E1139–E1146. https://doi.org/10.1152/ajpendo.00184.2001

(9) Campbell, S. E., & Febbraio, M. A.(2001). Effect of ovarian hormones on mitochondrial enzyme activity in the fat oxidation pathway of skeletal muscle. American Journal of Physiology. Endocrinology and Metabolism, 281, E803–E808. https://doi.org/10.1152/ajpendo.2001.281.4.E803

(10) D’Eon, T. M., Sharoff, C., Chipkin, S. R., Grow, D., Ruby, B. C., & Braun, B.(2002). Regulation of exercise carbohydrate metabolism by estrogen and progesterone in women. American Journal of Physiology. Endocrinology and Metabolism, 283, E1046–E1055. https://doi.org/10.1152/ajpendo.00271.2002

(11) Nicklas BJ, Hackney AC, Sharp RL. The menstrual cycle and exercise: performance, muscle glycogen, and substrate responses. Int J Sports Med. 1989 Aug;10(4):264-9. doi: 10.1055/s-2007-1024913. PMID: 2606593.

(12) Lamont, L. S., Lemon, P. W., & Bruot, B. C.(1987). Menstrual cycle and exercise effects on protein catabolism. Medicine and Science in Sports and Exercise19, 106–110.

(13) Charkoudian, N., & Johnson, J. M.(2000). Female reproductive hormones and thermoregulatory control of skin blood flow. Exercise & Sport Sciences Reviews28, 108–112.

(14) Kolka, M. A., & Stephenson, L. A.(1997). Resetting the thermoregulatory set-point by endogenous estradiol or progesterone in women. Annals of the New York Academy of Sciences813, 204–206.

(15) Sawka, M. N., Gonzalez, R. R., Young, A. J., Dennis, R. C., Valeri, C. R., & Pandolf, K. B.(1989). Control of thermoregulatory sweating during exercise in the heat. The American Journal of Physiology257, R311–R316.

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